CLAUDE BÉDARD, trad. a.
Publications professionnelles

Tout au long d’un parcours professionnel fertile en événements et en réflexions, j’ai toujours été animé par la passion de comprendre et d’expliquer.

J’ai eu la chance d’approfondir deux domaines passionnants : la traduction technique et la traduction assistée par ordinateur. Deux domaines qui m'ont poussé à extraire de mon expérience pratique des points de repère.

À une époque où la réflexion sur la partie «métier» de notre profession n’occupe plus autant de place que jadis, j’ai voulu contribuer à revitaliser cette réflexion en réunissant ici mes principales idées et les publications qui m’ont permis de les exprimer tout au long de mon parcours intellectuel.

Claude Bédard (claude@bedardtraducteur.ca)        
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Aiguillonnés par les défis d’une spécialité exigeante, mon collègue André Senécal et moi avons publié entre 1978 et 1981, au sein des Sections techniques centrales du Bureau de la traduction, un bulletin mensuel baptisé Entre Nous, afin de favoriser la mise en commun des trouvailles et du savoir spécialisé des traducteurs techniques. Au total, 46 numéros paraîtront, et seront publiés par la suite chez l’éditeur Linguatech :

Entre Nous (Linguatech Éditeur, 1988)

Cette démarche était centrée sur les besoins de cet animal particulier qu’est le traducteur technique. Traducteur, par opposition à terminologue; technique, par opposition à généraliste.

Ce bulletin mettait volontiers l’accent sur les difficultés quotidiennes de traduction, même les plus inavouables. Nous voulions affirmer haut et fort qu’il est normal de se sentir embarrassé devant tel ou tel terme en apparence inoffensif (area, drain, fitting, gap, override, packing, seal, set, split, strand, timer, vent…).

En effet, le vocabulaire technique est beaucoup plus malcommode qu’on ne le croirait. Là où la «terminologie de lexique» montre ses limites, des éléments de solution issus des traducteurs (une «terminologie de terrain» pourrait-on dire) deviennent une source vitale d’information.

Une autre ambition de ce bulletin était de créer un certain sentiment d’appartenance, une identité, une mission commune, de donner une voix aux traducteurs techniques.

Par ailleurs, au cours de ces années, j’ai travaillé à un projet de dictionnaire français de mots techniques descriptifs, un projet ambitieux auquel m’a arraché mon futur livre sur la traduction technique (ci-après), et qui est resté inachevé.

Certains articles, publiés dans la revue Circuit, remettent en question certaines attitudes répandues dans le milieu de la traduction :

La qualité formelle : le refuge du non-communicateur? (Circuit, n° 8, mars 1985)
Il y a une vie avant la traduction technique (Circuit, n° 15, décembre 1986)
La formation par imitation : une expérience inusitée (Circuit, n° 15, décembre 1986)

L’article suivant est particulièrement apprécié des enseignants comme des traducteurs en exercice. Il montre par des exemples fort utiles comment on peut s’affranchir des mots sans trahir le sens :

La reformulation : les astuces d’un traducteur (Circuit, n° 11, décembre 1985
et n° 12, mars 1986)

Enfin, divers articles concernent l’observation des usages et de la langue technique :

Le génie du français technique (Technostyle, n° 3-3, 1984)
Quand la langue prête vie aux objets (Circuit, n° 10, septembre 1985)
Les lectures d’observation : la moisson du traducteur technique (Meta, vol. XXXI,
n° 4, 1986)

Dans la foulée de ces recherches, ma soif de comprendre et d’expliquer s’est étendue à l’ensemble de la démarche du traducteur technique. J’ai cherché «à définir et à situer entre eux les différents éléments qui interviennent dans son travail», à proposer «une vision intégrée des moyens et des buts de la traduction technique». C’est ainsi qu’est né le livre :

La traduction technique, Principes et pratique (Linguatech, 1986)

Cet ouvrage postule que la traduction technique est avant tout «un acte d’intelligence et de communication». Que paradoxalement elle «ne diffère finalement en rien, pour l’essentiel, de la traduction générale». Cela peut sembler une évidence, mais il faut d’abord saper l’idée bien ancrée selon laquelle la traduction technique se fait «à coups de vocabulaire». J’essaie de démontrer que le vocabulaire technique n’est pas un outil suffisamment fiable et efficace pour qu’on puisse s’y appuyer sans crainte. La citation en exergue du premier chapitre, à ce sujet, mérite d’être longuement méditée :

«Modern language still represents a primitive state of communication
that can be compared to a little footpath through the jungle.»

Par ailleurs, je propose de remettre le vocabulaire technique à sa juste place à l’intérieur d’une démarche de communication, en postulant que la manière dont on utilise les mots a autant d’importance que les mots eux-mêmes. Il me revient à ce sujet la phrase lumineuse de Jean Delisle : «Les mots n’ont de sens qu’en contexte.»

J’explique qu’un respect excessif envers le vocabulaire technique est tout à fait immérité, et conduit le traducteur technique au plafonnement professionnel; que le recours aux équivalences toutes faites mène éventuellement à la médiocrité, voire à des erreurs de traduction. Je montre aussi que le traducteur peut et doit jouer un rôle actif dans le maniement du vocabulaire technique afin de l’adapter au contexte d’utilisation.

Je préconise une approche plus proactive relativement aux moyens de réexpression dans la langue d’arrivée, nourrie de nombreuses lectures d’observation qui ont pour effet de déclencher chez le traducteur des formulations spontanées qui sonnent juste, pour contrer l’«effet de remorque» du texte original.

Enfin, toutes les compétences dont le traducteur a pu se doter, et tous les efforts qu’il accomplit au quotidien, tendent en réalité vers un but : la communication. Comme je me plais à le répéter, il y a une vie après la traduction : celle du lecteur.

Les textes techniques (ainsi que l’ensemble des textes «pragmatiques», selon l’expression de Jean Delisle) ne sont pas des «textes d’auteur». Celui-ci est anonyme, et le traducteur n’a aucune obligation envers lui. En revanche, le traducteur se doit de travailler dans l’intérêt du lecteur. La traduction doit être compétitive par rapport à l’original, viser à être aussi efficace (et parfois davantage). Le traducteur doit assumer le rôle d’un second rédacteur.

La facilité de lecture et de compréhension viennent évidemment au premier plan. Par ailleurs, le traducteur doit être conscient de la fonction, de l’intention du texte (informer, convaincre, etc.), et tâcher de produire sur le lecteur l’effet recherché. Enfin il ne faut pas négliger les usages et le niveau linguistique du lecteur.

Un programme ambitieux, certes, mais qui montre la voie à tout traducteur technique qui vise l’excellence. La traduction, même technique, reste l’aventure de la communication.

Par la suite, je m’attaque au volet pédagogique de la traduction technique, pour tenter une certaine mise en pratique des principes précédents :

Guide d’enseignement de la traduction technique (Linguatech, 1987)

Dans cet ouvrage, je propose des méthodes en rupture avec l’approche «circuit touristique» habituellement pratiquée dans l’enseignement, et qui consiste à visiter superficiellement un certain nombre de domaines de spécialité. Je propose d’inculquer à l’étudiant une certaine démarche et de lui offrir des repères transposables à tous les domaines techniques, en explorant un seul domaine technique, mais plus en profondeur. L’accent est mis sur les différents genres de documents techniques.
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