CLAUDE BÉDARD, trad. a.
Publications professionnelles

Tout au long d’un parcours professionnel fertile en événements et en réflexions, j’ai toujours été animé par la passion de comprendre et d’expliquer.

J’ai eu la chance d’approfondir deux domaines passionnants : la traduction technique et la traduction assistée par ordinateur. Deux domaines qui m'ont poussé à extraire de mon expérience pratique des points de repère.

À une époque où la réflexion sur la partie «métier» de notre profession n’occupe plus autant de place que jadis, j’ai voulu contribuer à revitaliser cette réflexion en réunissant ici mes principales idées et les publications qui m’ont permis de les exprimer tout au long de mon parcours intellectuel.

Claude Bédard (claude@bedardtraducteur.ca)        
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Tout au long des années 1980, j’expérimente avec divers systèmes de traduction automatique (TA) : Systran, Logos, Weidner et XLT. Je fais la recension d’autres systèmes (PC Translator, GTS et Tovna) pour le compte de la revue Language Technology/Electric Word :

The Return of Low-Linguistics Machine Translation 1988 (LT/Electric Word, n° 14, 1989)
GTS, New and Affordable Machine Translation (LT/Electric Word, n° 15, 1989)
TOVNA, a New Word for Teachable Machine Translation (LT/Electric Word, n° 18, 1990)

Pendant cette période, j’étudie sérieusement la TA, pour ensuite tenter de la démystifier et de montrer ses limitations en tant qu’outil pour les traducteurs professionnels. Cela m’inspire un article aussi amusant qu’instructif sur les différentes manières dont on peut truquer une démonstration de système de TA :

You Trust your Mother, but You Cut the Cards (LT/Electric Word, n° 7, 1988)

Parallèlement, je m’intéresse au vaste sujet des «industries de la langue» (IDLL), qui suscite énormément d’intérêt dans la francophonie au tournant des années 1990. J’essaie aussi d’aller au-delà du brouhaha pour poser la question : les IDLL, d’accord, mais pour quoi faire? L’article suivant résume l’état de la question à la fin des années 1980.

Les produits infolinguistiques, un tour d’horizon (Terminogramme n° 55 pp. 7-9, 1990)

Mon dernier contact sérieux avec la TA est ma participation à un projet de recherche de pointe, le système DLT (Distributed Language Translation), mené par la société néerlandaise BSO, à Utrecht (Pays-Bas). Une expérience fascinante, un concept révolutionnaire et trop en avance sur son temps. Un aperçu de ce que pourrait être la traduction automatique d’après-demain :

The BKB (Bilingual Knowledge Bank): a Promising New Approach to Machine Translation (30es conférence de l’ATA, 1989)

Ayant moi-même étudié les théories sous-jacentes à la TA, j’ai essayé, tout au long de cette période, de créer un dialogue entre infolinguistes et traducteurs. Sans grand succès, je l’avoue… Les articles suivants témoignent de ma vision des choses, et aussi d’un certain désabusement.

Where do Translators Fit into MT? (Actes du MT Summit, 1991)
Y a-t-il un traducteur dans la salle? (Circuit, n° 34, septembre 1991)

Il serait intéressant que les traductologues s’intéressent à la question suivante : «en quoi, exactement, la traduction diffère-t-elle de la simple transcription linguistique?» Une autre de ces questions malcommodes, mais dont la réponse – une nouvelle théorie de la traduction, en somme – éclairerait quelque peu la lanterne des chercheurs en TA. À signaler, dans cette veine, une entrevue que j’ai faite avec Martin Kay, un chercheur des plus respectés en TA :

Rapprocher traducteurs et technologie (Circuit, n° 50, hiver 1996)

Ces années de fréquentation de la TA m’amènent à conclure que malgré un traitement linguistique élaboré, les machines à traduire apportent au traducteur une aide plus apparente que réelle. Cela m'amène à analyser plus en détail la tâche du traducteur et à expliquer en quoi une traduction automatique aide ou nuit à cette tâche dans ses différentes dimensions.

J’essaie de voir quelles seraient des applications réalistes de la TAO pour aider les traducteurs, et c’est ce qui m’amène à élaborer un traitement automatisé de nature différente : la prétraduction automatique. C’est le point de départ du développement du logiciel ATAO, qui évoluera par la suite pour devenir LogiTerm. Les articles suivants jalonnent cette évolution :

La traductique, pour aujourdhui ou pour demain? (De Taalkundige, XXXV, 1989)
La prétraduction automatique: un pas en arrière dans la bonne direction?
(Actes du Colloque international Les IDLL -- Perspectives des années 1990, 1991)
La prétraduction automatique, outil de productivité et d’évolution professionnelle
(META, vol. 37, n° 4, 1992)
La prétraduction automatique, vous connaissez? (Circuit, n° 84, été 2004)

Par ailleurs, je surveille de près l’émergence des mémoires de traduction. Après TSS (Alpnet) et TM/2 (IBM), j’expérimente avec Trados, puis avec SDLX. J’en tire la synthèse suivante :

Ce qu’il faut savoir sur les mémoires de traduction (Circuit, n° 60-1, été-automne 1998)

Mes différentes expériences m’amènent à réfléchir à l’influence des mémoires de traduction sur les conditions d’exercice des traducteurs. Ironiquement, la menace ne vient pas d’où l’on pensait : ce n’est pas la traduction automatique, mais les mémoires de traduction qui menacent l’intégrité professionnelle du traducteur. Cette réflexion est résumée dans l’article suivant :

Mémoire de traduction cherche traducteur de phrases (Traduire, n° 186, 2000)

Éternel insatisfait, je délaisse les lourdeurs et les rigidités des mémoires de traduction pour développer un nouveau paradigme : celui des bitextes indexés. Il s’agit avant tout d'offrir au traducteur une ressource facile à alimenter, facile à consulter et facile à gérer; comment, en somme, obtenir le maximum de résultats avec le minimum de moyens. Les deux articles suivants décrivent cette démarche, qui a été intégrée au logiciel LogiTerm :

L’indexation plein texte, technologie unificatrice de consultation en TAO
(Actes de l’ACFAS, 2000)
Éloge du bitexte (Circuit, n° 73, automne 2001)

À force d’utiliser toutes sortes d’outils d’aide à la traduction, j’en suis venu à développer une réflexion critique quant au degré d’utilité réelle des outils en question, à leur rapport coût/avantages. L’outil, même de haute technologie, aide-t-il vraiment, et dans quelles circonstances? Dans les faits, est-ce l’outil qui travaille pour le traducteur, ou le traducteur qui travaille pour l’outil?

Pour expliquer pourquoi la traduction résiste tant aux interventions informatiques, j’ai été amené à énoncer ce que j'ai appelé humoristiquement le postulat de Saint Jérôme :

«La traduction est une activité artisanale,
circonstancielle et d’envergure réduite

Ainsi que, non moins humoristiquement, le théorème de Bédard :

«Chaque solution d’automatisation
amène avec elle de 0 à N problèmes.
Cette règle est récursive à l’infini.»

Mais malgré leur appellation fantaisiste, ces principes sont solidement ancrés dans le réel et demeurent incontournables. Il sont décrits dans l'article suivant :

L’automatisation : faut-il y croire? (Circuit, n° 48, été 1995)

En fait, la tâche du traducteur est multiple et nécessite des outils variés. Écrits au fil des années, les articles ci-après inventorient les outils qui s’offrent au traducteur et analysent leur degré d’utilité :

Aides informatiques : de quoi le traducteur a-t-il besoin? (Circuit, n° 65, automne 1999)
La TAO et le traducteur indépendant (Circuit, n° 92, été 2006)
Quarante ans de progrès technologique : pas de regrets, ou presque
(Circuit, n° 100, été 2008)

Au début des années 2000, j’observe une flambée d’intérêt pour la «localisation», qui n’est pas sans me rappeler l’intérêt brûlant que suscitaient, dix ans auparavant, les «industries de la langue». Or tout engouement, semble-t-il, est porté par un flou sémantique considérable. La notion de localisation ne fait pas exception, comme j’essaie de le montrer dans l’article suivant :

Vous comprenez? Moi non plus. (Circuit, n° 71, printemps 2001)
© 2014 Claude Bédard. Les articles réunis sur ce site peuvent être utilisés et reproduits librement, à condition d’en citer la source.